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​Rupture 3 : Passer de l’éparpillement des efforts et de l’usage des ressources au ciblage des politiques publiques sur les ménages et les territoires



VISION DU PARTI DE L’ISTIQLAL POUR UN NOUVEAU MODÈLE DE DÉVELOPPEMENT : LES SIX RUPTURES (3/6)



La dynamique de développement de note pays n’a pas été en mesure de réduire les inégalités sociales et territoriales durant les 20 dernières années malgré l’importance, la multiplicité et la succession des politiques publiques et des programmes économiques et sociaux destinés à cet effet. Or, la réduction des inégalités sociales et spatiales est non seulement nécessaire au renforcement de la cohésion sociale mais contient intrinsèquement des potentialités importantes d’accélération de la dynamique de développement. Pour être en mesure de valoriser ce potentiel latent, il est, aujourd’hui, nécessaire de passer de l’éparpillement des efforts et de l’usage des ressources au ciblage des politiques publiques sur les ménages et les territoires. 
  
En effet, bien que les taux de pauvreté et de vulnérabilité aient fortement baissé durant cette période, les inégalités sociales et notammentles écarts en matière de niveau de vie des ménages se sont maintenus au même niveau durant les 20 dernières années malgré une légère amélioration entre 2007 et 2014. Parallèlement,la mobilité sociale ascendante a atteint un degré de rigidité important illustrée par le fait que seuls 1,9% des enfants d’ouvriers ou d’exploitants agricoles atteignent un niveau de cadre supérieur. 
  
Ces inégalités sont encore plus importantes entre les territoires notamment en ce qui concerne l’importance de l’activité économique, les opportunités d’emploi, le niveau d’éducation, l’accès aux soins et aux services administratifs. A titre d’exemple, le nombremoyen d’années de scolarisation par habitant est inférieurà 2 ans dans plusieurs communes rurales quand celui-ci dépasseles 10 ans dans certains arrondissements urbains. D’autre part, certaines provinces disposent d’un médecin pour 700 habitants quandd’autres provinces ne disposent que d’un seul médecin pour plus de 7000 habitants. 
  
Parallèlement, il existe plus de 100 programmes sociaux répartis entre différentes institutions alors que mécanismes font défaut pour en garantir le ciblage, la coordination et la complémentarité. Au déficit d’efficacité de ces programmes s’ajoute une répartition déséquilibrée des investissements privés et publics entre les différents territoires. 
  
Pour illustrer la reproduction de ces déséquilibres, il suffit de s’intéresser à la répartition des investissements des établissements publics prévus par le projet de loi de finances pour l’année 2019 quidépassent les 5000 dirhams par habitant en ce qui concerne la région de Casablanca-Settat contre 1000 pour la région de Fès-Meknès et 1500 pour celle de Draa-Tafilalet. 
  
Bien que les territoires les plus favorisés aient aussi besoin de soutien et d’investissement, elles ont, pour la plupart, atteint leurs potentiels de croissance, d’attractivité des talents et des investissements. Parallèlement, les zones les moins favorisées recèlent de ressources humaines et naturelles largement sous exploités. L’intégration de ce capital humain et la valorisation de ces ressources ne pourront se réaliser qu’à travers l’amélioration de l’attractivité, de la connectivité et du cadre général de vie dans ces territoires.  
  
Dans ce contexte et pour accéder à un nouveau palier de développement,il devient impératif de valoriser tout le potentiel social et territorial du pays et d’assurer l’inclusion de toutes les Marocaines et tous les Marocains dans cette dynamique. L’atteinte de ces objectifs implique depasser de l’éparpillement des efforts et de l’usage des ressources au ciblage des politiques publiques sur les ménages et les territoires. A cet effet, il s’agit notamment  de :
Soutenir une dynamique de développement équilibrée sur l’ensemble du territoire national. Ainsi, tout en continuant à appuyer la trajectoire de développement sur le littoral Atlantique Nord, il est nécessaire de poursuivre la mobilisation pour la mise en œuvre du modèle de développement des provinces du Sud et d’élaborer une stratégie intégrée pour le développement des zones de montages et du corridor frontalier ;
Orienter les politiques sociales vers les ménages avec l’objectif de contribuer à leur propre mobilité socialeet à celle de leur enfants. Cet accompagnement social s’intégrera dans le projet du ménage et bénéficiera des leviers que constituent la mobilisation, la solidarité et la responsabilité de chacun vis-à-vis du ménage ;
Garantir un ciblage précis des bénéficiaires à travers notamment la mise en place du registre unique et l’évaluation régulière de l’impact des politiques publiques sur la vie quotidienne des ménages et sur la réduction des inégalités sociales et territoriales.
  
C’est en passant de l’éparpillement des efforts et de l’usage des ressources au ciblage des politiques publiques sur les ménages et les territoires, que l’action publique sera plus efficace et plus équitable contribuant ainsi au renforcement de la cohésion sociale en brisant le cycle du déterminisme social et territorial de reproduction de la pauvreté tout en valorisant le potentiel de réalisation d’une nouvelle dynamique de développement à travers l’inclusion de tous et sur l’ensemble du territoire national.





Avertissement : Il est à noter que la version officielle de ces publications demeure la version en arabe publiée sur le portail istiqlal.info



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