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L'interview de M. Nizar Baraka au site lakome2.com






Que signifie le confinement pour vous?

Il représente un moment de consensus national et sociétal pour lutter contre la pandémie du Coronavirus ... Cela représente également pour moi la discipline et la responsabilité dont les citoyennes et les citoyens ont fait preuve en adhérant aux mesures de précaution et de prévention pour assurer la sécurité sanitaire de tous.

Il n'est pas facile pour les gens de changer soudainement toutes leurs habitudes quotidiennes et de renoncer temporairement à une partie de leurs libertés de se déplacer, rencontrer leurs proches et amis, et aller tous les jours à l'école, au travail ou à la mosquée ... C'est un grand défi auquel nous sommes confrontés, comme tous les pays actuellement.

Mais quand il existe une forte volonté collective fondée sur un véritable sens patriotique et motivée par la préoccupation de réaliser le bien commun, qui est la sauvegarde du droit à la vie, les peuples peuvent surmonter tous les défis, même s'ils sont difficiles.

Que lisez-vous en ce moment ? Comment investissez-vous votre temps ? Et à quoi pensez-vous aux temps de la pandémie?

Comme vous le savez, le confinement n'est pas une période de vacances ou une pause pour se détendre. Nous devons continuer à assumer nos responsabilités, qu'elles soient professionnelles ou familiales, que nous soyons à l'intérieur de nos foyers ou l'extérieur, comme c'est le cas pour de nombreux citoyennes et citoyens dans un certain nombre de secteurs vitaux.

Personnellement, je m'engage, en tant que citoyen, dans ce confinement qui s'appliquent à tous, mais également en tant que responsable politique et secrétaire général du Parti de l'Istiqlal, je suis en constante mobilisation, qui ne s'arrête que pendant quelques périodes de sommeil. Je suis également en contact permanent et ouvert avec les membres du Comité Exécutif, et avec les deux groupes Istiqlaliens au Parlement, ainsi qu’avec les organisations sectorielles et éducatives du parti, les élus, les militantes et les militants des régions et provinces, pour encadrer, guider, coordonner et développer ce qu'ils font quotidiennement, à savoir les propositions et contributions volontaires et solidaires et d'initiatives pratiques pour servir les citoyens et soutenir les efforts des autorités publiques.

Cette présence sur le terrain, nous permet de suivre de près les besoins et les demandes légitimes des citoyens dans ces circonstances exceptionnelles, et de les défendre à travers les positions que nous prenons en tant que parti et au sein du Parlement, et d'accélérer la proposition de solutions et d'alternatives aux problèmes posés, en plus des exigences requises pour suivre le rythme de cette circonstance par rapport à la presse du parti en termes de vigilance, d'interaction et de sensibilisation des citoyens, assurer la crédibilité professionnelle et développer des contenus numériques pour l'opinion publique. Tout cela nous prend beaucoup de temps.

De temps en temps, je lis ce qui est publié sur les causes et les répercussions de cette pandémie, qui s'est transformée en une crise sanitaire, économique et sociale mondiale, et ce qui est publié par les laboratoires de recherche et les centres de réflexion sur les vaccins expérimentaux et les protocoles thérapeutiques, ainsi que sur les scénarios possibles pour sortir de la crise.

Afin de toujours rester dans notre contexte marocain et notre capital idéologique et politique, j'aime bien lire certains livres du leader Allal El Fassi pour leurs visions prospectives et futures, et dans leur démantèlement des constantes et des variables des dynamiques sociétales.


Que pensez-vous de ce qui se passe aujourd'hui pendant la crise du Coronavirus?

La pandémie du Coronavirus a produit de nombreuses variables et évolutions au niveau international, à commencer par l'effondrement d'un libéralisme excessif, son incapacité à résister à la pandémie et l'émergence d'évolutions géopolitiques qui jetteront une ombre dans un proche avenir. La pandémie a également mis en évidence la déficience totale des pays développés économiquement face aux répercussions de la pandémie et a révélé un terrible déficit dans les structures et équipements de lutte contre cette dernière. Pour la première fois, la classification des pays développés et pays en développement s'effondre.
 
Qu'a révélé la crise du Coronavirus? Comment voyez-vous l'avenir?

La crise a mis en évidence la fragilité du système de santé national, l’ampleur du secteur informel et ses travailleurs, et l'émergence de graves différences sociales, territoriales et numériques dans des domaines vitaux tels que l'éducation et la santé, et les mécanismes de protection sociale limités. La crise a démontré la faible immunité des entreprises marocaines, en particulier les petites, moyennes et très petites, pour résister aux répercussions de la pandémie, ainsi que la faiblesse du tissu productif destiné marché national. Par conséquent, les priorités de développement et la détermination dans les choix stratégiques pour la phase post-crise doivent être réorganisées en investissant dans des secteurs vitaux qui renforcent l'immunité de notre pays et assurent la stabilité alimentaire et sociale et la souveraineté économique tels que les secteurs de la santé publique, l'éducation, les industries nationales axées sur la consommation interne, les technologies et services numériques et la recherche scientifique dans le domaine des épidémies, virus et autres.

Mais attention à ce que l'étape de crise sanitaire, avec ses diverses répercussions, devienne un nouveau facteur d'aggravation des inégalités sociales, d'appauvrissement de la classe moyenne et de montée en puissance des "courtiers de l’épidémie" et des "riches du Corona".

Les valeurs de solidarité et de synergie ont prévalu pendant la crise, mais on craint de prendre des décisions et de mettre fin aux droits et libertés. Qu’en pensez-vous?

Je ne pense pas que cela se produira à la lumière de la solidarité, de la conscience collective, du fort consensus national et du haut niveau de confiance dans les institutions de l'État. Nous avons vu de fortes réactions de toutes les composantes de la société concernant la divulgation du projet de loi 22.20 lié à l'utilisation des réseaux sociaux, qui a été dénoncé par de nombreuses forces politiques et juridiques et acteurs associatifs. Notre parti l'a rejeté catégoriquement vu qu'il contredit les exigences constitutionnelles et juridiques relatives à la liberté d'expression, la liberté de choix et le droit d'accès à l'information. Comment est-ce possible que le Roi du pays peut prendre des décisions audacieuses et courageuses pour protéger les Marocains et protéger le droit à la vie, qui est un droit de l'Homme, alors qu’on décide de passer un projet de loi, avec une logique répressive qui violera d'autres droits garantis par la Constitution. Nous avons donc appelé à la nécessité de le reformuler radicalement pour assurer le respect du dispositif de la Constitution et des droits fondamentaux énoncés, qui remplissent les obligations internationales de notre pays en matière de droits de l'Homme et sont conformes à l'atmosphère d'ouverture et aux gains que notre pays a accumulés ces dernières années, grâce aux sacrifices de générations de militantes et de militants.

Comment voyez-vous l'avenir? Et comment l'expérience actuelle affectera-t-elle l'avenir de notre vie commune?

Comme je l'ai dit plus tôt, je suis optimiste et je vois l'avenir avec optimisme, compte tenu des diverses valeurs sociétales qui ont été ancrées dans la période de crise.

À mon avis, on dois investir le niveau de confiance incarné par le moment du consensus national, et en tirer parti pour formuler les nouveaux choix pour notre pays à l'horizon de l'établissement du nouveau modèle de développement qui va créer des ruptures avec tous les choix et politiques qui ont aggravé la crise du Coronavirus, dont sa validité et sa faisabilité économique et sociale ont touché à leur fin.

Je parie également que, si Dieu le veut, nous sortirons de cette crise sanitaire avec un réel capital de nouvelles valeurs soutenant la solidarité, et l'initiative citoyenne et de développement, qui ajouteront et renforceront nos droits humains et les acquis démocratiques, ce qui nous permettra de lancer une nouvelle génération de réformes politiques et institutionnelles.




 






Avertissement : Il est à noter que la version officielle de ces publications demeure la version en arabe publiée sur le portail istiqlal.info




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