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Le Maroc et la "trappe des pays à revenu intermédiaire": un évitement est-il possible ?



"En matière d’efficience économique, il y a du chemin à parcourir."



La Banque Mondiale a publié le 1er juillet 2019 sa classification annuelle des pays en fonction de leur revenu (indicateur différent mais proche de la richesse créée par un pays). Avec un revenu national brut (RNB) par habitant de 3 090 USD par an, le Maroc figure dans la tranche inférieure des pays à revenu intermédiaire (PRI), c’est-à-dire les pays dont le revenu par tête est compris entre 1 026 et 3 995 USD.
 

Si le Maroc a réussi en 30 ans à tripler son RNB par habitant grâce au dynamisme de sa croissance économique, il peine toujours à passer à la catégorie supérieure des PRI, et encore plus à celle des pays riches, dont le revenu par habitant est supérieur à 12 376 USD. Dans un tel contexte, le Maroc ne risque-t-il pas de tomber dans ce que les économistes Eichengreen, Park et Shin ont appelé “la trappe des PRI”?

Commençons tout d’abord par définir ce concept économique. La trappe des PRI est le risque qu’un pays demeure pendant une longue durée dans la classification des PRI sans accéder au club des pays développés.

Aujourd’hui, c’est un vrai risque auquel est confronté le Maroc. En effet, avant d’aspirer à faire partie du club des pays riches, le Maroc doit d’abord passer à la catégorie supérieure des PRI, occupée par des pays émergents tels que le Mexique, le Brésil, la Turquie et la Chine. Ces pays ont un revenu par tête compris entre 3 996 et 12 375 USD. L’objectif est donc de dépasser les 12 375 USD par habitant pour éviter ce piège.
 

Le RNB par habitant est le rapport entre le RNB global et la population d’un pays. Si on prend les projections démographiques réalisées en 2017 par le HCP, le Maroc compterait 42 millions d’habitants en 2050 contre 34 millions aujourd’hui, soit un taux d’accroissement démographique annuel net de 0,8% par an. Ainsi, pour dépasser les 12 375 USD, qui correspondent à la frontière entre les PRI et les pays riches, il faudrait que la croissance annuelle du RNB du Maroc soit supérieure à 5,5% par an entre 2020 et 2050.

Ce taux de croissance suppose que les seuils des tranches restent stables. L’effort à réaliser en matière de croissance serait donc plus important si la Banque Mondiale revoit ces seuils à la hausse.

 

La croissance d’une économie est portée par les 3 facteurs de production déterminés par l’école néoclassique: le travail, le capital physique (l’argent investi) et le capital immatériel. Le renforcement et l’optimisation (gains de productivité) de ce triumvirat est une condition sine qua non pour atteindre cet objectif de croissance.

En effet, dans un rapport intitulé “le Maroc à l’horizon 2040”, la Banque Mondiale a souligné que le Royaume a réalisé une croissance similaire, voire légèrement inférieure, à celle à des pays comme la Turquie, l’Indonésie ou les Philippines, avec un effort d’investissement plus conséquent. Ainsi en matière d’efficience économique, il y a du chemin à parcourir. Cet effort sera encore plus indispensable demain car la création de la richesse à travers le facteur travail baissera à cause de l’accroissement du phénomène de dépendance et de vieillissement de la population marocaine. Il y aura donc moins de personnes en âge de travailler.
 

Le nouveau modèle de développement économique, que le Maroc se prépare à élaborer, aura comme principal défi d’assurer une croissance stable et équitable du revenu par habitant. La bonne gouvernance, l’allocation efficiente des facteurs de production et la maîtrise de l’évolution du coût de la vie sont les vecteurs de la réussite de cette marche économique ambitieuse.

 






Avertissement : Il est à noter que la version officielle de ces publications demeure la version en arabe publiée sur le portail istiqlal.info



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