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PLF 2020 : L’Alliance des Économistes Istiqlaliens monte au créneau



L’Alliance des Economistes Istiqlaliens (AEI) a décortiqué, mercredi 20 novembre
à Casablanca, les dispositions du projet de loi de finances 2020. Le constat est sans équivoque : ce projet confirme l’éloignement des référentiels et le non-respect des engagements par le gouvernement.



Intervenant à cette rencontre, Abdellatif Maâzouz, Président de l’AEI, a déclaré que « le gouvernement n’a pas tenu ses engagements sachant que 2020 est la dernière année réelle de l’exercice de l’Exécutif. Pour nous, le PLF 2020 est un projet qui n’a pas d’âme et qui n’apporte aucun changement. D’autant plus qu’il ne permet ni d’atteindre l’équilibre budgétaire ni de favoriser le développement». Pouvoir d’achat, classe moyenne, création d’emploi, investissement, exportation, encouragement des PME et startups,régions et investissements publics…

Les Istiqlaliens restent sur leur faim. « Lors des débats au sein de la première Chambre, le groupe istiqlalien a proposé 65 amendements dont 11 ont été acceptés et 8 retirés. D’autres propositions ont été reformulées en coordination avec d’autres groupes parlementaires », a souligné le député Ahmed Toumi.

Pour pallier à ces dysfonctionnements, l’Alliance des Economistes Istiqlaliens apporte plusieurs propositions capables regagner la confiance des investisseurs, redonner plus d’espoir aux citoyens et relancer l’économie.

Coquille vide pour la classe moyenne

« L’AEI se refuse à tout “Maroc Bashing”», c’est avec ces mots que Adnane Benchakroun, vice-président de l'AEI , a entamé son intervention.

Pour lui, «Le PLF 2020 est choquant par le manque de volontarisme et d’innovation, l’inadéquation avec les orientations royales visant à accorder la priorité aux secteurs sociaux, la réduction des disparités sociales et territoriales, le renforcement de la classe moyenne et l’amélioration du climat des affaires…».

Les quelques mesures proposées pour améliorer le pouvoir d’achat et la classe moyenne par le PLF 2020 restent en deça des attentes. En revanche, rien n’a été prévu pour les salaires (IR, TVA…), le transport, la retraite et l’emploi dans les startups, TPE, PME/PMI.

Dans le PLF, le gouvernement s’est contenté de la poursuite de la mise en œuvre des dispositions de l’accord social (11,3 milliards DH en 2020), du soutien des prix du gaz butane, du sucre et de la farine, de l’affectation de 50% des recettes des 5 amnisties aux fonds sociaux (suite à un amendement), de l’augmentation du budget de la Santé et de l’Enseignement ainsi que du lancement du Fonds d’appui à l’entrepreneuriat.

S’y ajoute l’octroi de 30% du budget général de l’Etat pour la Santé et l’Enseignement.

« Toutefois, la question qui demeure posée est celle de l’efficacité de ces moyens mobilisés en termes d’impact sur  les populations vulnérables et de qualité des services fournis par les établissements de santé et d’enseignement », s’interroge Adnane Bencheqroun.

L’AEI a formulé plusieurs recommandations en matière d’IR qui auront un impact direct sur le citoyen.
Il faut adopter une fiscalité adaptée aux activités non commerciales (médecins, avocats, architectes, notaires…).
Les économistes istiqlaliens proposent également l’exonération de l’emploi des personnes en situation d’handicap de tout prélèvement fiscal : (faire payer ses charges sociales par l’Etat (fonds national créé à cette fin). Ils recommandent la mise en place d’incitations fiscales au profit des associations (vocation sociale et non reconnues d’utilité publique avec plafonnement de l’IR à 10% forfaitaire pour un plafond de 120.000 DH) ainsi que la déductibilité fiscale des dons reçus par cellesci (à hauteur de 0,1% du chiffre d’affaires hors taxe par association, total de dons déductibles de 1% du CA annuel).

Autre proposition phare : possibilité de déclarer l’IR par ménage (incluant les ascendants et les descendants vivant dans le même foyer). Parallèlement, le ménage constituerait l’unique unité cible des aides publiques.

Faible création d’emplois

Au niveau de l’emploi, l’AEI remet en cause les chiffres annoncés par l’Exécutif. Le nombre de création emploi prévu par le PLF 2020 s’élève à peine à 44.440 ventilés (23.112 postes budgétaires, 15.000 pour les académies régionales d’éducation et de formation et plus de 5.564 pour le redéploiement des fonctionnaires des assemblées préfectorales et provinciales).

En moyenne, le gouvernement n’a pu créer que 41.760 jobs/an sur la période 2010- 2017 contre 142.000/an (2000-2010).

«Ce sont des chiffres tirés des rapports officiels», a tenu à préciser Adnane Bencheqroun.

Par ailleurs, L’AEI émet des doutes sur le budget d’investissement prévu par le PLF 2020 : 20 milliards de DH, le qualifiant de «gonflé artificiellement». La croissance reste très corrélée au niveau du budget global d’investissement de l’Etat.

Résultat : moins d’investissement, moins de croissance, moins d’emploi.

Nadia DREF

L’AEI, lanceur d’alerte

L’Alliance a tiré la sonnette d’alarme :
le taux de croissance de la consommation est en baisse passant à 3,1% par an durant la période 2013/2017 contre 4,3% entre celle de 2000/2012.
Idem pour l’épargne qui est en recul à 1,5% par an au cours de la période 2013/2017 après 8,7% entre 2000/2012.
Par ailleurs, l’inflation cumulée entre 2004 et 2017 a été de 14,8% pour l’énergie, 15,5% pour la facture de l’eau, 18,4% pour les frais de scolarité et 24% pour les frais d’inscription aux écoles.

 

Inquiétudes et Incertitudes

PLF 2020 : L’Alliance des Économistes Istiqlaliens monte au créneau
Abdelkader Boukhriss, vice-président  a révélé les inquiétudes de l’AEI concernant l’introduction d’un amendement sur non-exécution d’un jugement du tribunal par un citoyen contre l’Etat. L’article 9 interdit la saisie des comptes de l’Etat dans ce cas de figure pour «assurer la continuation du service public».

« C’est une grande inquiétude qui touche la sécurité juridique», a souligné Boukhriss. Il a également affirmé qu’il n’y a aucune visibilité sur l’élargissement de l’assiette fiscale surtout au niveau de la classe moyenne.

L’AEI est contre l’amnistie. Elle s’élève contre la régularisation volontaire des personnes physiques qui détiennent des avoirs liquides. Cette catégorie s’acquitteront d’une contribution libératoire au taux de 5% du montant des avoirs liquides déposés auprès des banques. « Il faut arrêter les mesures dérogatoires en fiscalité», martèle Abdelkader Boukhriss.
Pour l’Alliance, le gouvernement cherche plutôt à récupérer les 17 milliards de DH sortis des banques. L’AEI approuve, par contre, la mesure portant sur la régularisation spontanée des revenus fonciers. 







Avertissement : Il est à noter que la version officielle de ces publications demeure la version en arabe publiée sur le portail istiqlal.info



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