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Rupture 2 Passer d’une approche basée sur l’urgence et la réaction pour tenter d’éteindre les foyers de crise à l’anticipation et à la vision stratégique de long-terme



VISION DU PARTI DE L’ISTIQLAL POUR UN NOUVEAU MODÈLE DE DÉVELOPPEMENT : LES SIX RUPTURES (2/6)



L’une des principales faiblesses de notre dynamique de développement actuelle est la déperdition des efforts et des moyens qui sont de plus en plus mobilisées pour tenter d’apporter des réponses aussi urgentes que provisoires à des foyers de crises en l’absence d’anticipation et  de vision stratégique de long-terme.
 
Or,l’approche actuelle est non seulement coûteuse économiquement puisqu’elle est de nature à favoriser la culture de l’improvisation et du provisoire mais elle a également un coût social non négligeable où la protestation devient, aux yeux de la population, le seul moyen qui permette d’obtenir des réalisations palpables impactant sa vie quotidienne. Les dernières protestations enregistrées dans les provinces d’Al Hoceima, de Jerada ou de Zagora sont des limites de cette approche.
 
L’approche basée sur l’urgence, l’improvisation et les effets d’annonces est visibles au niveau de plusieurs politiques et services publics notamment : 
 
• Les plans d’urgence et les réformes successives du système d’éducation et l’octroi de budgets, parmi les plus élevés au monde relativement au PIB, avec, en contrepartie un niveau qualitatif en perpétuelle dégradation et considéré parmi les plus faibles au monde ;
• Les programmes de développement sans moyens ni effets à l’instar du programme national de développement de l’emploi ;
• La généralisation annoncée de l’accès à l’eau potable pour tous les ménages alors que 30% des habitations rurales ne sont pas raccordées au réseau d’eau potable ; les critères utilisés par les pouvoirs publics étant la disponibilité d’une source d’eau à moins d’un kilomètre ;
• La disponibilité affichée du personnel médical dans certaines zones rurales ou enclavées alors que le médecin n’est présent que 1 à 2 jours par semaine et que l’obtention d’un rendez-vous peut prendre plusieurs mois ;
• La disponibilité effective de certains équipements médicaux alors que ceux-ci sont défectueux depuis plusieurs années ou ne disposent des techniciens ou des consommables leur permettant d’être opérationnels.
 
A la culture des réalisations sur le papier sans impacts sur la vie quotidienne de la population, s’ajoute la multiplication et la dispersion des programmes sociaux répartis entre plusieurs secteurs. Ainsi, il n’est pas rare de constater que les catégories aisées sont les principales bénéficiaires de mesures initialement destinées aux catégories les plus vulnérables à l’instar de la compensation. Il a été, par exemple, constaté que qu’une part importante des bénéficiaires initiaux du RAMED appartenaient au quintile (20%) le plus aisé de la population et que certains étaient déjà couverts par un autre régime (l’AMO).  
 
Cette absence d’anticipation, de cohérence et de ciblage des programmes sociaux a pour conséquences que ces programmes peinent à atteindre leurs objectifs en matière de réduction des inégalités sociales et spatiales et de développement humain et ce, malgré les moyens importants qui leur sont consacrés. Ainsi, le classement du Maroc en matière de développement humain n’a pas progressé durant les 20 dernières années et le niveau des inégalités est resté élevé (GINI=0,40) malgré un inversement de tendance observé entre 2007 et 2014. Par ailleurs, au niveau des inégalités territoriales, 80% de la pauvreté reste toujours concentrée en milieu rural.
 
Dans ce contexte, il s’agit, aujourd’hui, d’adopter une approche basée sur l’anticipation et à la vision stratégique de long-terme qui nous permette de mobiliser et de coordonner nos efforts ainsi que d’en optimiser le potentiel. L’élaboration et la mise en œuvre de cette vision ne nécessitent pas seulement des compétences et des moyens mais aussi : 
 
• L’appropriation du projet sociétal commun dont la source première devra être la volonté et l’adhésion des citoyennes et des citoyens, l’objectif principal sera l’amélioration de leurs conditions de vie et de celles de leurs enfants et dont le moteur essentiel sera l’effort collectif pour atteindre des objectifs communs ;
• L’anticipation qui se traduit par l’introduction d’une nouvelle culture en matière de programmation et d’exécution basée sur la mise en place des mécanismes nécessaires pour l'écoute, la prise en charge précoce et la gestion de crises ;
• La garantie de la durabilité qui protège les intérêts des générations futures en tant que principe essentiel dans la gestion de la chose publique et privé qui écarte les solutions de colmatage et les pseudo-succès provisoires qui hypothèquent l’avenir ;
• L’intégration d’une culture de service au citoyen avec une évaluation précise de l’impact effectif des politiques sur la vie quotidienne de la population.
 
Si les moyens dont dispose notre pays sont limités pour nous permettre d’apporter une réponse immédiate à toutes les attentes de la population, il est d’autant plus inconcevable que ces moyens soient fortement mobilisés pour apporter des réponses ponctuelles dans l’urgence plutôt que pour accompagner la dynamique de développement de manière durable et efficiente. Dans ce contexte, il devient donc aussi urgent que nécessaire de passer d’une approche basée sur l’urgence et la réaction pour tenter d’éteindre les foyers de crise à l’anticipation et à la vision stratégique de long-terme pour accéder à un nouveau palier de développement.





Avertissement : Il est à noter que la version officielle de ces publications demeure la version en arabe publiée sur le portail istiqlal.info



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