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Rupture 4 : Passer d’une gestion sectorielle en silos à une approche intégrée basée sur la cohérence et la complémentarité des services et des projets de développement au niveau et territoires



VISION DU PARTI DE L’ISTIQLAL POUR UN NOUVEAU MODÈLE DE DÉVELOPPEMENT : LES SIX RUPTURES (4/6)



Notre dynamique de développement s’appuie sur des stratégies et des plans sectoriels qui, pour certains, ont permis de réaliser des avancées notables, mais pour la plupart, se sont vite confrontés à des limites liées à l’absence d’une approche intégrée basée sur la cohérence et la complémentarité entre les services et les projets de développement au niveau des territoires.

Ce déficit d’articulation et de coordination est abondamment illustré dans un ensemble de dysfonctionnements. Ainsi, il n’est pas rare de voir s’édifier de grands ensembles d’habitations qui restent déserts car ils ne disposent pas de routes, ne sont pas connectés à un quelconque réseau de transport public sans parler de l’absence de sécurité, d’opportunités d’emplois, d’établissements scolaires ou d’offre de services de soins, administratifs, culturels ou sportifs.

Cet exemple de gestion sectorielle en silo dans le domaine de l’habitat nous a conduit au paradoxe d’octroyer, d’une part, d’importants moyens pour réduire un déficit qui s’élèverait à 400'000 logements alors, que d’autre part, près de 1,2 millions de logement seraient vacants. 

La même situation se répète dans plusieurs zones industrielles peu valorisées souffrant d’une inadéquation entre les besoins des opérateurs et l’offre disponible notamment due à l’appropriation et une valorisation souvent inadaptée du foncier initialement réservé à l’industrie par des spéculateurs immobiliers. A cela s’ajoute un dimensionnement insuffisant des infrastructures hors et au sein du site quand elles existent ainsi que l’absence des services nécessaires notamment en ce qui concerne le transport et la restauration.

Ces mêmes problématiques sont observées au niveau de l’articulation entre les politiques nationales et territoriales. L’une des illustrations les plus aberrantes de ce déficit d’articulation et de coordination est de voir, par exemple, certains ponts surplomber des routes ou des autoroutes sans que ces mêmes ponts ne soient, eux-mêmes, connectés à aucune route. Le déficit le plus inquiétant aujourd’hui se situe dans l’absence d’interaction effective entre les stratégies sectorielles, qui continuent à être exécutées sans pleinement prendre en considération la profonde réforme de l’état qu’est la régionalisation avancée, et certains plans de développement régionaux qui n’ont pas complétement intégré les limites et les contraintes en termes de ressources et de moyens au niveau national. 

Ce déficit de coordination et d’articulation impacte également le développement et l’intégration du tissu productif national. Ainsi, par exemple, le Maroc exporte des minerais contenant des métaux qui sont raffinés en Europe ou en Chine et qu’il réimporte pour son industrie (Cuivre, Plomb…). Ces territoires, d’où sont prélevés ces mêmes minerais, sont non seulement vulnérables et en déficit d’opportunités et de perspectives mais disposent, pour la plupart, d’une culture industrielle et d’une infrastructure de base qu’il s’agit de rafraîchir et de moderniser. Parallèlement, les obstacles qui entravent l’intégration des produits marocains dans les chaines de valeurs mondiales et leurs accès aux marchés internationaux sont peu pris en charge notamment au niveau du transport et de la logistique, des barrières réglementaires et normatives et du marketing et de la distribution.

Pourtant, cette coordination et cette interaction entre les différents secteurs et acteurs nationaux et locaux ont d’autant plus d’importance que le succès d’un secteur peut être entièrement dépendant de politiques menées au niveau d’un autre département à l’instar de la mise en œuvre de l’Open Sky au niveau du transport aérien qui a été l’un des principaux moteurs du développement des arrivées touristiques durant la décennie 2000. Alors, qu’à l’inverse, l’absence d’infrastructures d’assainissements par exemple a fortement impacté les premières années de démarrage d’une station balnéaire à l’Est du pays.

Il est donc aujourd’hui, nécessaire de passer d’une gestion sectorielle en silos à une approche intégrée basée sur la cohérence et la complémentarité des services et des projets de développement au niveau et territoires, Il s’agit particulièrement de :
• Adopter une approche systémique intégrée basée sur la contractualisation dans l’élaboration et la mise en œuvre des politiques publiques ;
• Insérer, dans le cadre d’une stratégie industrielle globale de manière complémentaire et intégrée avec les métiers mondiaux du Maroc, le développement du potentiel de valorisation des ressources naturelles et des territoires du pays ainsi que le développement d’une infrastructure matérielle et immatérielle d’appui à l’accès aux marchés internationaux pour les produits nationaux. Il s’agit, en effet, de passer d’une offre exportable basée sur la compétitivité par le cout à une offre basée sur le potentiel spécifique et la dynamique de conquête des marchés ; 
• Accélérer la grande réforme de l’Etat que constitue la régionalisation avancée qui permettra aux régions d’avoir plus de poids et de ressources pour activer la dynamique d’un développement basé sur les spécificités et les atouts des territoires tout en prenant en compte leurs contraintes ; 
• Assurer une intégration territoriale des politiques publiques dans le cadre de la régionalisation intégrée notamment à travers les contrats programmes Etat-Régions ;
• Etablir et éclaircir les prérogatives et les modes d’interaction et de coordination des différents intervenants, en appréhender les liens de causalité et notamment leur influence en termes de blocage ou de déperdition d’efforts ;
• Prédéfinir les mécanismes d’évaluation, d’alerte et de remédiation nécessaires.

Notre dynamique de développement ne peut plus être l’otage d’une absence de coordination. Les rares ressources desquelles nous disposons pour créer de la richesse et de l’emploi ne sauraient être dilapidées ou bloquées en l’absence de mécanisme de mise en cohérence, de coordination et d’évaluation. Pour remédier à ces dysfonctionnements et accéder à un nouveau palier de développement, il est, aujourd’hui, nécessaire de passer d’une gestion sectorielle en silos à une approche intégrée basée sur la cohérence et la complémentarité des services et des projets de développement au niveau et territoires.





Avertissement : Il est à noter que la version officielle de ces publications demeure la version en arabe publiée sur le portail istiqlal.info



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