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Rupture 6 : Passer d’une consommation abusive des ressources rares, notamment en eau, en énergie et en financements, à une consommation responsable de ces ressources et à leur valorisation pour le développement et l’amélioration des conditions de vie



VISION DU PARTI DE L’ISTIQLAL POUR UN NOUVEAU MODÈLE DE DÉVELOPPEMENT : LES SIX RUPTURES (6/6)



Notre approche actuelle de développement se traduit par une consommation abusive des ressources rares dans notre pays notamment en ce qui concerne l’eau, l’énergie et les financements. De par la forte corrélation entre approvisionnement en ressources, satisfaction des besoins des citoyens, productivité économique sécurité alimentaire et stabilité, il est, aujourd’hui, nécessaire d’adopter une consommation responsable de ces ressources rares et d’entreprendre une valorisation contribuant au développement et à l’amélioration des conditions de vie des citoyennes et des citoyens en y intégrant des conditions à caractère contraignant pour garantir la durabilité.

En effet, notre pays fait partie des 20 pays les plus touchés par le stress hydrique ne disposant plus que de 500 m3 d’eau par habitant en 2018 contre 2500 m3 en 1960 sachant qu’environ 80% de la consommation d’eau est absorbée par l’agriculture, 12% par les ménages et 8% par l’industrie. Cette situation de stress hydrique est accentuée par les effets du changement climatique et questionne sur la distribution rationnelle et équitable de cette ressource rare ainsi que sur son potentiel de valorisation. 

Nous pouvons constater, par exemple, que les territoires montagneux qui possèdent les réserves d’eau les plus importantes sont parmi les plus mal desservis par cette ressource qui est mobilisée en aval pour l’agriculture extensive et la consommation des ménages urbains ; cette situation exacerbant les tensions sociales dans des territoires en situation de vulnérabilité multidimensionnelle par ailleurs. La question peut, par ailleurs aussi, se poser de savoir s’il est pertinent de continuer à produire des cultures à gros besoins d’eau, a fortiori de les exporter, dans certains cas. 

Parallèlement, notre facture énergétique est passée de 4,2% du PIB en 2002 à 6,5% en 2017 atteignant un pic à 11,4% en 2013 du à la forte progression des cours du pétrole. Le renforcement du tissu industriel du pays cumulé à l’évolution de la mobilité des biens et des personnes et du niveau des équipements des ménages a induit une augmentation constante des besoins en énergie alors que le Maroc importe plus de 90% de ses besoins. Si l’impact de ces évolutions est aujourd’hui atténué par le développement des énergies renouvelables, il importe de questionner notre mode de consommation et de valorisation de la ressource énergétique.

En ce qui concerne la rareté des ressources financières, le Maroc ne possède pas, à l’instar d’autres pays, de ressources naturelles lui permettant de disposer de revenus suffisants pour accompagner ses besoins en matière de développement. Notre pays ne peut, par ailleurs, de par sa taille, son histoire et sa structure socio-économique se positionner en tant que « paradis fiscal » pour attirer et retenir massivement des capitaux. Or, notre dynamique de développement actuelle, qui est essentiellement portée par la consommation finale des ménages et des administrations ainsi que par l’investissement notamment public a entraîné une évolution inquiétante de l’endettement public et de l’endettement des ménages. Si le recours à l’endettement est vertueux quand ce dernier est affecté à l’investissement, il l’est moins quand les ménages et les institutions publiques y ont recours respectivement pour boucler des fins de mois difficiles ou pour couvrir des dépenses ordinaires.

Ces tendances en matière de consommation non durable des ressources en eau, en énergie et en financement est de nature à hypothéquer la capacité de développement des générations futures. Il est donc aujourd’hui nécessaire de passer d’une consommation abusive de ces ressources rares à une consommation responsable de ces ressources et à leur valorisation pour le développement et l’amélioration des conditions de vie des citoyennes et des citoyens en y intégrant des conditions à caractère contraignant pour garantir la durabilité. Cette rupture implique d’intégrer la durabilité en tant que pilier du modèle de développement du pays à travers notamment :
• La mise en œuvre d’une stratégie intégrée de développement par le climat s’appuyant sur les opportunités offertes par la finance climatique pour renforcer la résilience du pays, nous accompagner dans l’atteinte des objectifs nationaux en la matière et contribuer au développement des secteurs de l’économie verte et bleue dans notre pays et sur le continent africain ; 
• L’élaboration d’une stratégie intégrée d’efficacité hydrique intégrant des objectifs précis en matière de durabilité, de distribution équitable et de valorisation responsable de la ressource hydrique à l’aide notamment de contrats de nappe, de la valorisation des bassins versants et de eaux usées et l’adoption d’un juste prix de la ressource hydrique ;
• L’accélération de la mise en œuvre de la stratégie énergétique et notamment du développement des capacités de production d’électricité à partir d’énergies renouvelables ;
• La mise en œuvre effective de la stratégie nationale d’efficacité énergétique et l’évaluation de tous les projets de développement en cours et à venir à travers ce prisme ;
• L’orientation progressive du recours à l’endettement des institutions publiques vers l’investissement productif avec un rééquilibrage des maturités de la dette avec les capacités de remboursement directement liés aux investissements concernés ;
• La mise en place des mécanismes efficients pour améliorer le pouvoir d’achat des citoyens et notamment des classes moyennes, prévenir le surendettement et soutenir les ménages en situation de surendettement.

La baisse progressive du niveau de durabilité de notre trajectoire de développement constitue non seulement un frein pour la dynamique actuelle mais aussi une hypothèque pour l’avenir de nos enfants. Pour accélérer notre évolution vers un nouveau palier de développement et en garantir la durabilité, il est nécessaire de passer d’une consommation abusive des ressources rares en eau, en énergie et en financements, à une consommation responsable de ces ressources et à leur valorisation pour le développement et l’amélioration des conditions de vie des citoyennes et des citoyens. 





Avertissement : Il est à noter que la version officielle de ces publications demeure la version en arabe publiée sur le portail istiqlal.info



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